Développement durable facile dans mon cabinet médical

Perturbateurs endocriniens

Je ne sais pas vous mais moi, en sortant de mon externat, je n’avais jamais entendu parler de perturbateurs endocriniens

Et puis un jour, lors d’une consultation, un patient m’a évoqué la problématique… et je n’avais aucune idée sur la question. Je dois reconnaître que parvenue en 9e année de médecine, ne pas avoir un minimum de culture sur la question, c'est la honte !

Alors du coup, je me suis renseignée et voici ce que j’ai appris…

Petit cours « Les perturbateurs endocriniens pour les nuls ! »

 
Leçon n° 1 : Les perturbateurs endocriniens sont très, très compliqués à définir.

Selon l’OMS, un perturbateur endocrinien est "une substance ou un mélange de substances, qui altère les fonctions du système endocrinien et de ce fait induit des effets néfastes dans un organisme intact, chez sa progéniture ou au sein de (sous)- populations".

D’ un point de vue scientifique, on comprend vite que prouver la nature de perturbateur endocrinien d'un produit doit être un vrai casse-tête... Imaginez notre « monsieur produit chimique » qui se balade parmi des milliers d’autres « monsieur produit chimique », avec lesquels il devient copain ou ennemi, au sein d’un système hormonal d’une complexité sans nom… Bon courage !

Et pour corser l’affaire, le lien dose-toxicité n’est pas linéaire. Autrement dit, une tout petite dose peut générer des effets majeurs comme une dose importante peut ne rien engendrer.

 
Leçon n°2 : Mais alors comment « monsieur produit chimique » devient méchant ?

3 options s’offrent à lui :

  • Se déguiser en « madame hormone naturelle » et entraîner ainsi la réponse au signal de madame.
  • Bloquer « madame hormone naturelle ». Pas de fixation à son récepteur = pas de signal hormonal.
  • Faire le bazar en perturbant la production ou la régulation de toutes les madames hormones naturelles et de leurs récepteurs.
 
Leçon n°3 : Les premiers à informer : les femmes enceintes et les jeunes parents.

En effet, certains périodes de la vie sont plus sensibles que d’autres : la période fœtale et la jeune enfance.

 
Leçon n°4 : Et du coup, quels sont les risques pour nos patients et leurs enfants ?

Problème de fertilité, cancer (notamment sein, prostate et thyroïde), trouble du métabolisme, malformation et pathologie neurodéveloppementale

 
Leçon n°5 :  Et en pratique, qu’est-ce qu’on fait ?

Difficile de les éviter sachant qu’ils sont partout !!! Dans notre alimentation, l’eau que l’on boit, nos cosmétiques, les plastiques, notre maison (meuble, peinture, jouet…), les médicaments que l’on prescrit.

On peut au moins les diminuer. Pour cela, il apparaît logique de :

  • Consommer des aliments avec le moins de pesticides possibles et de ne pas les réchauffer dans du plastique.
  • Opter pour l’utilisation modérée des cosmétiques en surveillant leur composition.
  • Limiter les produits d’entretien à risque et bien aérer nos maisons.
  • Réfléchir comme toujours à la balance bénéfice risque de nos prescriptions.

 A consulter : notre bibliographie.

Leave a Comment

(0 commentaires)

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *